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Faut-il taxer l’achat de propriétés par les étrangers à Montréal?

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Mercredi dernier, l’Ontario suivait Vancouver et annonçait l’application d’une taxe de 15% lors de l’acquisition d’une propriété par un non-résident dans la grande région de Toronto. Il n’en fallait pas plus pour qu’on commence à s’inquiéter du marché montréalais.
Est-ce que les acheteurs étrangers envahiront Montréal étant donné cette taxe? Ou encore, Montréal devrait-elle suivre ces deux villes canadiennes?
Avant de faire de quelconque parallèle, il faut penser qu’en immobilier, Montréal est totalement différente des marchés de Toronto et de Vancouver.
Dans les RMR de Vancouver et de Toronto, on a vu des hausses de prix pouvant aller à plus de 30% par année il y a peu de temps, alors qu’à Montréal, les augmentations étaient mineures, voire inexistantes, dans certains coins de l’île en 2016.
Le portrait montréalais
Afin de bien comprendre le contexte montréalais, JLR a comparé les prix des propriétés vendues en 2016 à leur valeur selon l’évaluation municipale de 2017-2019. Puisque ce rôle est établi en fonction de la valeur de la propriété au 1er juillet 2015, la comparaison avec les ventes de 2016 permet d’observer l’évolution de marché immobilier pour la dernière année.
On constate que les prix ont faiblement crû sur l’île de Montréal. L’écart médian en pourcentage entre le prix de vente et la valeur au rôle était de 1% en 2016. Ainsi, en un an, la valeur des copropriétés et celle des unifamiliales auraient augmenté d’environ 1%. Cette hausse est loin de celles enregistrées sur les marchés de Vancouver ou de Toronto.
Ce qui est intéressant en comparant à l’évaluation municipale est que l’on peut observer comment les prix ont évolué différemment selon la valeur des propriétés.
Ainsi, les plus grands écarts entre les prix et les évaluations ont été notés sur les propriétés de faible valeur (moins de 200 000 $). L’écart atteignait 4 % pour les copropriétés et 7 % pour les unifamiliales. Les propriétés dans cette tranche de valeur sont peu susceptibles d’intéresser les acheteurs étrangers.
Ces derniers sont, toute proportion gardée, plus présents dans le secteur des propriétés de luxe. Or, pour les copropriétés valant plus de 800 000 $, l’écart médian en pourcentage entre le prix de vente et l’évaluation était de -1%. Avec une majorité de condos vendus à des prix inférieurs à l’évaluation, nous sommes loin d’une surchauffe…
Néanmoins, certains arrondissements et villes de Montréal connaissent de plus fortes croissances de prix. Dans les arrondissements du Sud-Ouest et de Verdun ainsi que la ville de Mont-Royal, l’écart médian en pourcentage entre les prix des unifamiliales vendues et les valeurs au rôle foncier atteignaient +6%.
Bref, pour l’instant, Montréal est loin d’être un marché spéculatif avec des hausses spectaculaires. Certains secteurs spécifiques pourraient être plus touchés par une arrivée potentielle d’acheteurs étrangers, mais l’impact devrait rester localisé et d’une ampleur modérée.
À Toronto et Vancouver, les acheteurs étrangers ont probablement exacerbé la hausse de prix, mais d’autres circonstances ont également participé à cette croissance. Or, Montréal ne se trouve pas dans les mêmes conditions que ces deux villes.
Finalement, n’oublions pas qu’il y a encore peu de temps plusieurs s’inquiétaient que les resserrements hypothécaires causent un ralentissement majeur du marché immobilier…

 

 

Source : Lesaffaires.com, publié le 24 avril 2017[:]