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Ne pas acheter une maison: une erreur?

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David Bach, millionnaire, auteur et expert financier, raconta à CNBC que les gens de la génération des milléniums (nés après 1980) commettent une erreur en n’achetant pas une maison (cliquer ici pour l’article). Il met en lumière une statistique à l’effet que les propriétaires de maison sont en moyenne 38 fois plus riches que les locataires. Il fit également mention de sa première maison acquise à San Francisco, dont le prix a explosé par la suite. Après avoir déménagé à New York: même scénario. Comment argumenter contre un tel enrichissement?

Grant Cardone, un autre millionnaire, auteur financier et entrepreneur, exprime son désaccord sans mâcher ses mots. «À moins que vous déteniez 20 millions de dollars en banque, en argent liquide, vous n’avez pas d’affaires à acheter une maison» (cliquer pour la référence).

Robert Kiyosaki, auteur du célèbre livre «Père Riche, Père Pauvre», nuance davantage ses propos, en soulignant qu’une maison coûte cher, et peut être considérée comme un passif plutôt qu’un actif. En effet, elle ne génère pas de revenus, contrairement à un immeuble à loyers.
Comment s’y retrouver, avec tous ces avis contradictoires?

L’un de nous a acquis sa première maison en 2002. Comme vous vous en doutez, ce fut un excellent «investissement». D’ailleurs, c’est à se demander s’il n’aurait pas mieux valu avoir acheté une maison deux ou trois fois plus grande! Or, il s’agit ici uniquement d’une question de chance. Il s’avère essentiel de le reconnaître. Jamais nous n’effectuerions de recommandation en fonction de notre expérience passée, sans tenir compte du contexte financier de l’époque. Un conseil sera valable uniquement s’il peut être appliqué dans le futur.

Que faire alors? Tout d’abord, précisons que sans avoir vérifié la statistique de M. Bach, à savoir que les propriétaires de maison affichent une richesse 38 fois plus élevée que les locataires en moyenne, nous estimons qu’elle comporte sûrement une bonne dose de vérité. Toutefois, c’est pour une raison évidente: le remboursement d’une hypothèque correspond à de l’épargne forcée. Si vous louez un modeste logement, vous sauverez de l’argent. Cependant, si les économies ainsi disponibles ont été simplement dépensées ailleurs comme le font la plupart des gens, vous n’accumulerez rien à la longue.

Pour notre part, nous conseillons d’utiliser le gros bon sens, et de ne pas fonder vos espoirs sur l’appréciation de votre maison pour vous enrichir. Si vous investissez au mauvais moment dans le cycle immobilier, vous vous retrouverez peut-être à avoir payé des dizaines de milliers de dollars en trop. Vous accuseriez un important retard dans votre plan d’enrichissement à long terme.

Le gros bon sens dicte qu’une maison de taille à peu près égale à un logement devrait coûter un peu moins cher, étant donné la marge de profit du locateur. L’erreur courante consiste à comparer le loyer aux paiements hypothécaires, alors que les taux d’intérêt ont atteint des niveaux ridicules. Ainsi, en considérant des débours à peu près «égaux», on pense faire une bonne affaire en passant d’un logement de 800 pieds carrés à une maison de 2000 pieds carrés (incluant le sous-sol). Comment peut-on espérer obtenir des économies importantes lorsque l’on agrandit substantiellement son espace pour vivre? Bien des coûts d’entretien sont similaires, que ce soit pour un logement ou une maison. Donc, dans le coût de votre loyer, une partie correspond à ces frais d’entretien. Ceux-ci ne deviendront pas négligeables en optant pour une maison vous offrant deux ou trois plus d’espace. Certes, la marge de profit qui revenait au propriétaire de l’immeuble vous appartiendra désormais avec cette maison, mais elle se transformera rapidement en dépenses additionnelles.
Deuxième point important à considérer: la valeur de votre temps et ce que vous aimez faire. Êtes-vous du genre à tout réparer ou à tout faire vous-même? Le cas échéant, vous disposez d’un avantage pour la maison, qui requiert de l’entretien. Embaucher des gens pour effectuer les divers travaux requis coûte cher. Dans le cas contraire, si vous tentez plutôt de maximiser votre temps pour votre emploi, ou vos lectures financières, un logement procure d’énormes bénéfices de ce côté. Vous n’avez pas à vous soucier du remplacement de la toiture, de la tonte de votre gazon ou du déneigement du stationnement.

Le meilleur des deux mondes avec un condo? Sans vouloir généraliser, nous avons cru constater que ceux-ci se vendent souvent à des prix reflétant la fierté d’être propriétaire, sans prendre en compte l’espace et la liberté restreints. Nous n’entrerons pas dans les détails. Gardez simplement à l’esprit que considérer plusieurs éléments importants souvent négligés, comme ceux cités précédemment, vous aidera à prendre une décision éclairée. Vous pouvez également étudier les opinions opposées des différents auteurs sur la question. Tout comme dans un procès à la Cour, on obtient de meilleures informations pour se forger un avis lorsque l’on obtient tous les arguments du «pour» et du «contre».

Pour conclure, en ce qui concerne l’atteinte de la liberté financière, la plupart des auteurs s’entendent sur un point: se payer en premier. Peu importe vos choix, mettez d’abord un montant d’épargne de côté chaque semaine ou chaque mois, et tentez de survivre avec le reste. C’est la façon la plus efficace de commencer à bâtir sa valeur nette.

Source : LesAffaires.com , publié le 02 janvier 2017

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